Kneecap
Réalisation : Rich Peppiatt
Casting : Naoise Ó Careallain, Liam Óg Ó Hannaidh, Jj Ó Dochartaigh, Michael Fassbender, Josie Walker, Simone Kirby, Jessica Reynolds, Adam Best
Scénario : Rich Peppiatt
Type de film : Fiction
Pays : Irlande
Année : 2023
Durée : 105 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 18/06/2025
Mardi 13 octobre à 20:30 à Tournefeuille.
Mardi 13 octobre à 20h30 à Tournefeuille, séance unique du film précédée d’un quizz musical. Places en vente au cinéma et en ligne sur festik.net aux tarifs habituels.

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« Chaque mot prononcé en irlandais est une balle tirée pour la liberté de l’Irlande ».
Il paraîtrait donc qu’après des décennies de lutte pour leur indépendance, les fiers irlandais d’Ulster (la très catholique Irlande du Nord rattachée au Royaume Uni) seraient devenus de sages sujets de sa Majesté Charles III. Au terme d’un long processus de paix et après l’accord de Belfast, les combattants ont posé les armes en 1998 – certains anciens de l’IRA se louent aujourd’hui comme guides pour touristes dans les quartiers de Belfast portant encore les stigmates des années de plomb. Pourtant, si elle ne s’exprime plus par la violence armée, la résistance perdure contre l’occupation britannique. Un mur de séparation divise encore les quartiers Ouest entre protestants et catholiques – et le quartier pauvre, catholique, n’a jamais cessé d’afficher sa volonté de rattachement à l’Irlande, à travers ses fresques, son travail mémoriel sur les années de « troubles », son soutien aux luttes décoloniales, son attachement au gaélique… interdit par l’occupant britannique pendant des années et reconnu en 2022 seulement comme langue officielle au Royaume-Uni. Voilà pour le contexte.
Nous sommes à Belfast, à la fin des années 2010. Quand il ne fait pas la fête ou ne deale pas, Liam Óg consigne ses émotions et les rêveries de son quotidien dans un carnet. Son ami Noaise, pour sa part, cherche un sens à sa vie et fréquente en secret son père, un militant activiste de l’Armée républicaine irlandaise, présumé mort depuis des années. La vie des deux « ratés », comme ils se définissent eux-même, prend un nouveau tournant lorsque leur professeur de musique se met en tête de fonder avec eux un groupe de rap politique baptisé Kneecap – en référence à la pratique de l’Armée Républicaine Irlandaise consistant à tirer dans les rotules des traitres. Un groupe qui, en plus de faire bêtement l’apologie du sexe et de la drogue (c’est un peu la base), chante délibérément en gaélique pour dire des choses pas très aimables sur les voisins britanniques ou unionistes. Ce qui est moins commun. Pas forcément de quoi faire frémir la Couronne, sauf qu’à la surprise générale, la musique de ces gaillards énervés plaît. Beaucoup. Bien au-delà de leur quartier de Belfast. Et se met à grimper en haut des charts… britanniques ! Bien vite, l’ascension du trio suscite de violentes polémiques et la colère de la police.
La success story aurait pu n’être qu’un banal épiphénomène politico-musical subversif d’outre-Manche. Mais avec l’entremise d’un réalisateur malin, nos joyeux drilles ont entrepris de la raconter au cinéma – mais à leur sauce. En romançant à peine le tout dans une fiction réaliste, un genre de biopic survitaminé en temps réel, à des années-lumières des documentaires compassés de la BBC. Le film démarre sur les chapeaux de roue, avec une scène où un des membres de Kneecap s’introduit dans la parade orangiste (les royalistes de Belfast) pour piquer le bâton de tête, et s’enfuir très vite avec, comme dans un bon vieux épisode de Benny Hill. Le ton est donné : la comédie sociale et politique file à 200 à l’heure. Un peu comme un Ken Loach (qui ne désavouerait certainement pas le message) sous amphétamine, avec une bande son démente qui rend hommage à une identité magnifique, à l’énergie de la jeunesse, et à tout ce qui fait le sel de la vie : sexe, rap, révolution et Guiness !



