Loin de moi la colère
Joël Akafou
Année : 2025
Pays : France, Côte d’Ivoire, Burkina Fasso
Durée : 93 mn
Date de sortie nationale : 06/03/2026
VOST
Joël Akafou
Le 26 mai 2026 à 20:30 à Tournefeuille.
Mardi 26 mai à 20h30 à Tournefeuille, séance unique en présence du réalisateur Joël Akafou et de Hourya Bentouhami, philosophe, militante antiraciste, enseignante à l’Université Jean Jaurès. En partenariat avec l’Association des Jeunes Ivoiriens de Toulouse (AJIT) Places disponibles au cinéma et sur festik.net aux tarifs habituels.
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« Loin de moi la colère » c’est le nom de naissance de Josiane, un nom prémonitoire pour cette Ivoirienne dont nous allons découvrir l’histoire emblématique et magnifique. Le film s’ouvre par le récit choral d’un massacre. En 2011, la guerre civile en Côte d’Ivoire frappe durement le village de Ziglo. Des violences opposent communautés autochtones et populations immigrées issues du Burkina Fasso, faisant de nombreux morts. Depuis les faits, les anciens ennemis cohabitent et nombreux rescapés portent silencieusement blessures et cicatrices. Comment une société peut-elle guérir de traumatismes collectifs ? Face à l’absence de justice d’état et face à l’échec des plans de paix internationaux, Josiane, dite « Maman Jo », a décidé d’agir concrètement à sa manière. Au cœur de son village, elle a créé un espace de paroles pour les femmes de toutes les communautés. Son objectif : favoriser la réconciliation et retrouver le vivre ensemble qu’elle a connu quand elle était petite. Telle une « sage-femme », elle cherche à évacuer les douleurs et à faire accoucher des pardons sincères… C’est ce courageux travail de justice restauratrice qu’éclaire Joel Akabou, lui-même frappé par la rébellion en 2002 au centre du pays à l’âge de quinze ans. Après avoir suivi pendant cinq ans le combat engagé de Maman Jo en proie à nombreuses menaces, il dresse le portrait d’une femme qui prend soin de sa communauté en libérant avec justesse les récits encore enfouis. Et qui déploie toute son énergie pour ressouder le village à travers des actions mélangeant les diverses ethnies. Car il faut reconstruire les liens au-delà des divisions, du deuil et de la culpabilité. À travers les séquences de réunions festives, de chants, de travaux agricoles et de pêche miraculeuse, nous sommes immergés dans les problématiques foncières à la source des conflits, mais aussi dans l’imaginaire local laissant se déployer la force des contes et des croyances…
Un film comme un travail de deuil pour ce réalisateur marqué par des blessures qu’il réouvre pour mieux les panser en accompagnant Maman Jo dans son travail d’écoute et de réparation. Nous retiendrons la superbe parabole finale sur « le pardon plus fort que la haine » comme le signe d’une guérison intime et collective.



