Obsession

Réalisation : Curry Barker
Casting : Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless
Scénario : Curry Barker

Type de film : Fiction
Pays : USA
Année : 2026
Durée : 108 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 13/05/2026
Âge minimum : 16 ans

Mercredi 10 juin
14:20
Jeudi 11 juin
20:45
Vendredi 12 juin
21:15
Samedi 13 juin
21:30
Dimanche 14 juin
18:35
Lundi 15 juin
16:05
Mardi 16 juin
17:45
Mercredi 17 juin
16:10
Jeudi 18 juin
11:45
Dimanche 21 juin
20:30
Lundi 22 juin
12:05
Mardi 23 juin
18:25
Mercredi 24 juin
12:05
Jeudi 25 juin
18:20
Vendredi 26 juin
21:30
Samedi 27 juin
21:30
Mardi 30 juin
18:25
Du 10/06/2026 au 30/06/2026 à Borderouge – Prochaines séances
Pas d’horaire trouvé à Tournefeuille

Ça commence par le visage d’un jeune homme en plan rapproché. Celui-ci ânonne une déclaration d’amour laborieuse. Le plan suivant révèle le contexte de cette maladroite adresse. « Coaché » par deux de ses amis, l’amoureux transi s’entraîne, dirait-on, à séduire une jeune fille absente. Il s’agit en fait d’une de ses collègues de travail, et son inhibition l’a toujours empêché de lui avouer les sentiments profonds qu’il ressent.

Cette manière d’entrer dans le récit, de démarrer la fiction semble contenir la promesse d’un certain type de cinéma, celui de la petite comédie naturaliste indépendante, de la description d’un monde familier et réaliste, de la peinture de personnages en pleine adolescence prolongée, loin des conventions du cinéma d’horreur. Le film de Curry Barker ne quittera jamais tout à fait le sentiment d’une proximité ordinaire avec des individus sans qualités extraordinaires. Bear (Michael Johnston) est amoureux de Nikki (Inde Navarrette). Il n’ose le lui avouer, d’autant plus que celle-ci ne semble pas témoigner d’autre intérêt pour lui que celui de l’innocente camaraderie. Tous deux, ainsi que les deux témoins de l’« entraînement » de l’introverti, travaillent dans un magasin d’instruments de musique.

L’impression de se trouver face à un monde provincial paisible et sans histoires, ponctué de sorties dans les bars et de soirées consacrées à des jeux de société, s’impose habilement pour le spectateur. Un soir, Bear se procure un gadget « magique » acheté dans une boutique inquiétante et promettant d’accéder au vœu de celui qui le brise. En désespoir de cause, le jeune homme l’utilise sans y croire. Le résultat va dépasser toutes ses attentes… pour virer au cauchemar. Car le film fonctionne dès lors sur le schéma du pacte faustien, de l’irruption du surnaturel dans un monde qui paraît pourtant l’exclure. Celui du piège tendu à ceux qui brisent un ordre préétabli, pour satisfaire un désir dont ils devront payer le prix fort. L’obsession de Nikki, devenue follement éprise du jeune homme, devient infernale. La relation amoureuse vire à l’emprise morbide et possessive. Une obsession prête à tout pour supprimer tous les obstacles qui la contrarieraient.

La rhétorique du film de terreur, tout en chocs et en sursauts, semble contaminer un récit toujours attaché pourtant à une stricte familiarité des situations. Cette manière de vouloir coller à la vérité des événements et des personnages rend, par contrecoup, encore plus effrayantes les péripéties d’un récit entraîné par une spirale catastrophique. Obsession vire à la comédie noire, à la farce macabre dénuée toutefois de toute tentation parodique surplombante. L’interprétation d’Inde Navarrette, qui incarne Nikki, tout entière tendue vers la volonté de susciter la terreur en exacerbant progressivement certains traits psychologiques crédibles (rire hystérique, immobilité angoissante), crée un des monstres les plus originaux vus depuis longtemps au cinéma.

Dans la routine ultra-balisée du cinéma d’horreur contemporain, Obsession apparaît comme un choc authentique, la découverte d’une sensibilité tout à la fois critique et originale. Le réalisateur Curry Barker était parvenu à une certaine notoriété avec des sketchs comiques interprétés par lui et Cooper Tomlinson pour sa chaîne YouTube. Après une série de films courts, Obsession est son premier long-métrage. On attend le suivant avec une certaine impatience. (Jean-François Rauger, Le Monde)

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123mn
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121mn