Demain est un autre jour
There’s always tomorrow
Réalisation : Douglas Sirk
Casting : Barbara Stanwick, Fred McMurray, Joan Bennett, Jane Darwell
Scénario : Bernard C. Schoenfeld
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : USA
Année : 1956
Durée : 84 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 28/12/1956
Un grand film rare de Douglas Sirk, invisible au cinéma depuis trente ans. Tourné entre deux de ses plus éclatants mélodrames en couleur, Tout ce que le ciel permet (1955) et Écrit sur du vent (1956), Demain est un autre jour a été – étonnamment – tourné en noir et blanc : ici le mélodrame ne se veut pas « flamboyant », il reste sobre, presque épuré, quotidien.
« Mari d’une épouse dévouée, père de trois enfants prometteurs, Cliff est aussi le patron d’une florissante fabrique de jouets. À première vue, c’est un homme comblé. Il suffira qu’une revenante, Norma, qu’il a fréquentée avant son mariage, franchisse le seuil de son foyer pour que lui explose à la figure tout ce qu’il a bâti : l’égoïsme de sa progéniture et la dissolution de son couple dans sa vie de famille…
D’emblée Douglas Sirk affiche son ironie : au carton d’ouverture, « Il était une fois sous le soleil de Californie », succède un plan extérieur truffé de parapluies. Ironique, le titre l’est aussi. Loin d’être un film optimiste sur les nouveaux départs, Demain est un autre jour livre une vision acérée sur notre tendance à l’auto-aliénation. Une absence de clairvoyance, des mauvais choix, une certaine paresse existentielle et le tour est joué !
Il y a dans cette charge contre la famille une modernité et une radicalité étonnantes. C’est avec un plaisir sadique que Sirk règle son compte aux enfants de Cliff (surtout au fils), ces vampires de l’amour moralisateurs et sentencieux. Surtout, le cinéaste donne le beau rôle aux personnages féminins, qu’il s’agisse de la petite amie du fils, de l’épouse maligne sous ses airs inoffensifs, et bien sûr, de Norma. Terriblement seule mais indépendante et lucide, généreuse et amoureuse… À la fin, c’est bien elle et sa hauteur de vue que l’on envie, non pas « le beau couple » que Cliff et sa femme forment aux yeux de leur petite dernière. » (M. Blottière, Télérama)



