La Détention

Réalisation : Guillaume Massart
Scénario : Guillaume Massart

Type de film : Documentaire
Pays : France
Année : 2026
Durée : 132 mn

Sortie nationale : 31/03/2027

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On pourrait dire que l’essentiel dont traite La Détention est son hors-champ, rapporté en récit par ceux qui en ont vécu les expériences saisissantes, ou traumatisantes, ou les deux : les stages que font au cours de leur cursus les élèves de l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire (ENAP), à Agen, où sont formés les gardiens de prison. « Là », de l’autre côté des murs, les recrues d’âges, d’origines et de parcours très variés (le concours est ouvert à tous les candidats lauréats du brevet des collèges, entre 18 et 45 ans) vivent leurs premiers conflits ouverts voire violents, sont témoins pour la première fois des effets de la surpopulation carcérale, du manque de moyens mais aussi des injustices, des abus de pouvoir, de la cruauté voire de la corruption des collègues qu’ils aspirent à rejoindre une fois leur diplôme en poche. « On fait que gérer la crise qui s’arrête jamais », souffle, en substance, la plus diserte, et visiblement angoissée, des recrues – un homme d’un certain âge qui en a vraisemblablement vu d’autres, est passé par d’autres vies avant de tenter cette reconversion.

Après avoir filmé dans La Liberté (2019) le quotidien des détenus, écroués pour des crimes très graves, à l’intérieur d’une prison, Guillaume Massart suit dans La Détention, sur une année d’apprentissage, une promotion de ceux dont « le métier, c’est d’être méfiants » (citation du cinéaste, dans le dossier de presse du film). Mais avant qu’ils ne le deviennent tout à fait, si l’on peut dire, à l’heure de la théorie pédagogique, de la sensibilisation à la santé mentale des détenus, et de l’apprentissage des gestes essentiels d’interception et de défense. L’essentiel de l’ébahissement que l’on ressent face au film tient d’ailleurs plus au contenu de l’enseignement, au parler et aux discours des formateurs, qu’aux profils des élèves dont le seul point commun serait d’être débarqué là un peu par hasard – « car surveillant, ce n’est pas une vocation », souligne Massart. Un mélange de progressisme dont l’essentiel objectif semble être d’éviter le plus possible les conflits, d’euphémisation d’à peu près tous les manques et manquements et de pragmatisme étonnant (sur la « passe » en prison des clopes, ou des baskets pour aller au parloir) qui disent en creux à la fois l’enjeu crucial, pour une société, de se doter d’une institution carcérale humaine et décente, et le refus systématique de toutes les forces politiques aux affaires depuis l’après-guerre, peu importent l’époque et le contexte, de se donner les moyens de le faire, comme elles ont constamment nui à l’hôpital, à l’école, à l’université. Film incroyable, littéralement. (O. Lamm, Libération)

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