Breaking Away

Réalisation : Peter Yates
Casting : Robyn Douglass, Dennis Christopher, Dennis Quaid, Daniel Stern, Barbara Barrie, Jackie Earle Haley
Scénario : Steve Tesich

Type de film : Fiction
Pays : USA
Année : 1979
Durée : 101 mn
Version : VOST

Ciné – Débat
Jeudi 05 novembre à 20:00 à Tournefeuille.

Jeudi 5 novembre à 20h à Tournefeuille à l’initiative du RAYON, tiers-lieu municipal dédié à la mobilité douce. Le film sera suivi d’un débat : et si le vélo changeait bien plus que nos façons de nous déplacer ? Nos quotidiens, nos liens aux autres, notre rapport au monde… Places disponibles au cinéma ou sur festik.net aux tarifs habituels.
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On est sidéré de ne découvrir qu’aujourd’hui cette pure merveille de film, passé totalement inaperçu lors de sa sortie en France en 1980 sous le titre de La Bande des quatre. Alors que Breaking away a, outre-atlantique, instantanément accédé au rang de film-culte, et valu à son réalisateur Peter Yates, qui n’avait plus vraiment fait d’étincelles après Bullitt (1968), un succès public considérable et la reconnaissance éternelle de ses pairs. Et il y a de quoi ! Prenant la roue des anti-héros les plus attachants au monde, Breaking away va vous faire rire et frémir, vous émouvoir, vous faire enrager – et, cerise sur le gâteau, vous enthousiasmer, vous mettre en transe pour une époustouflante course cycliste, plus prenante que si vous étiez vous-même à pédaler dans le peloton du Tour de France. Vous n’êtes pas particulièrement féru(e) de courses de vélo ? Ça tombe bien : nous non plus. Mais de celle-là, parole, on ne s’est pas encore remis.

À Bloomington, Indiana, il y a comme deux villes. La « ville du bas », la vraie, avec ses commerces, sa vie sociale, bourgeoise et prolétaire de petite cité industrieuse des États Unis d’Amérique. Où, depuis l’abandon des carrières, les prolos, hier fiers de leur force de travail, peinent à retrouver une vie et une identité sociale au gré de reconversions plus ou moins heureuses. Quoi qu’il en soit, ils sont, ils restent aux yeux des habitants les « cutters », les tailleurs de pierres – appellation qu’on donne par ricochet à leurs fils et qui, du coup, perd de sa superbe, se fait insidieusement l’expression d’un vilain mépris de classe. Car ces fils de prolos déclassés, c’est sûr, ont une scolarité chaotique, se préparent à être des travailleurs jetables, ouvriers intérimaires, chômeurs à temps partiel. Mal nés, ils ne se sentiront jamais autorisés à rêver d’accéder à cet autre monde qu’ils entrevoient de loin, qui semble les narguer et qui porte en germe la promesse d’un avenir meilleur. C’est là la deuxième ville, celle « du haut », une « ville hors de la ville » : la prestigieuse Indiana University. Très cotée, la fac s’étend sur un vaste campus et offre aux jeunes étudiants tous les services, commerces, loisirs – tout y est neuf, clair, aéré. La jeunesse dorée qui la fréquente est à l’opposé de nos « cutters » déclassés. Elle a tout pour elle : richesse, beauté, réussite, et également la morgue des puissants. Bien évidemment, ces deux villes, ces deux jeunesses se frôlent, se côtoient mais ne se mélangent pas – ou le moins possible. Et les rencontres impromptues sont souvent explosives.
Ils sont donc quatre jeunes « cutters » à traîner leur désœuvrement entre les rues de Bloomington, les baignades dans une carrière abandonnée, quelques bagarres et de vaines tentatives de drague. Ce sont Mike, le chef de la bande, Cyril, l’intellectuel, Moocher, le gringalet et Dave, le sportif. Dave est un poème à lui tout seul. Blondinet solaire, passionné de vitesse et de cyclisme, il voue une admiration sans borne aux coureurs italiens qui « chantent comme des rossignols et volent comme des aigles ». Bien décidé à accumuler les trophées, Dave s’entraîne chaque jour d’arrache pied pour une course locale à laquelle est invitée une équipe professionnelle italienne. Le nez perpétuellement dans le guidon, Dave roule italien, chante, parle, mange italien – et porte en étendard son farniente italien, au grand dam de son « cutter » de père, pas rital pour une lire et reconverti en vendeur de voitures d’occasion. Et lorsqu’il tombe raide dingue d’une belle étudiante, Dave pense davantage briller à ses yeux en devenant Enrico, étudiant italien… double jeu qui risque fort d’être éventé, l’Indiana University ayant décidé d’ouvrir le criterium universitaire aux jeunes coureurs de la ville. Pour le jeune champion et ses compagnons, une occasion unique de briller au firmament cycliste de Bloomington.

Breaking away, ce serait, littéralement, l’échappée. Le moment où le coureur va se détacher du peloton pour tenter de décrocher une place sur le podium – la première. C’est également le geste du gamin qui, parvenant tant bien que mal à l’âge adulte, commence à s’éloigner de son enfance, de ses familles – la vraie, celle qu’il forme avec ses parents, et l’autre, celle qu’il s’est choisie, qu’il a construite avec ses amis. Pour les « cutters », dont le destin semble plus fermement écrit que pour d’autres, l’échappée prend aussi des allures de revanche sociale. Avec beaucoup d’intelligence et d’humour, pas mal de verve, et une solide dose de bienveillance, Peter Yates et son génial scénariste Steve Tesich nous content la folle échappée, maladroite, attendrissante, mais irrésistible, de Dave et de ses amis. On ose ? On ose : un chef d’œuvre.

D’autres films à l’affiche

USA – 1987
100mn
USA – 2026
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Macédoine, République tchèque – 2025
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France – 2026
98mn