lundi 15 juin 2026 à 20:30
Tournefeuille
Lundi 15 juin à 20h30 à Tournefeuille, avant-première suivie d’une discussion avec Fabienne Delfour, éthologue, pionnière spécialiste des émotions des cétacés, et Ingrid Obled, compositrice et exploratrice sonore, inspirée par le chant des baleines…
Places en vente au cinéma et en ligne sur festik.net aux tarifs habituels.
La baleine et le musicien
Un film documentaire de Valentin Paoli
France 2025 – 1h23 – avec Rone
Après « La baleine et l’escargote » et « Les gardiennes de la planète », les baleines poursuivent leurs périples par chez nous ! Avec ce titre aux faux airs d’une fable de la Fontaine, nous embarquons pourtant dans une histoire bien réelle, mais tout aussi enchantée et inspirante…
C’est d’abord la rencontre avec Rone, compositeur français devenu une figure singulière de la scène électronique internationale, capable d’hypnotiser des marées humaines de festivaliers à travers le monde avec ses sons synthétiques. Retiré en baie de Somme, loin des scènes et de l’agitation, le musicien a décidé de ralentir pour poursuivre ses explorations de nouveaux territoires artistiques ! Il ne se doute pas que sa rencontre avec le réalisateur Valentin Paoli va l’entrainer dans une odyssée créative passionnante. Elle débute en 2023 avec la circulation sur les réseaux sociaux de vidéos troublantes : des marins témoignent d’un apparent effet attractif de sa musique sur dauphins et baleines alors qu’ils naviguent en plein large. Intrigué mais plutôt sceptique face au buzz suscité par ces vidéos, notre musicien accepte de s’associer à la curiosité du réalisateur pour dépasser l’idée de coïncidence. Y’aurait-il quelque chose de particulier dans ses sons créés qui interagirait avec les cétacés ? Serait-on capable de franchir la barrière des espèces et de communiquer avec ces animaux grâce à la musique ?
Pour poursuivre cette quête, quoi de mieux que de s’associer à l’équipe scientifique du bio acousticien Olivier Adam, spécialiste du langage mystérieux des baleines. Après une phase préparative où le musicien s’imprègne des écrits et enregistrements mis à sa disposition, le film retrace les diverses étapes de cette tentative de dialogue. L’aventure prend une nouvelle dimension dès lors que Rone, néophyte en navigation, rejoint l’équipage singulier du « Lady La Fée » qui croise au large des côtes de l’île de la Réunion, sanctuaire de reproduction des « Megaptera novaeangliae », les fameuses baleines à bosse. Il a embarqué avec lui synthétiseur modulaire et matériel en tout genre pour bidouiller les sons, la tentative de communication peut désormais commencer.
Mais un son crée par un humain peut-il toucher une baleine ? Faut-il être dans une démarche mimétique ou faire confiance à son propre langage ? Déployant inventivité, naïveté et capacité d’émerveillement, Rone se lance dans diverses expériences respectant des règles rigoureuses imposées par les scientifiques afin de perturber au minimum les cétacés. Car ce désir de rencontre inter-espèce n’est pas sans poser un certain nombre de questions éthiques (dont celle de la pollution sonore) qui deviennent des enjeux du film.
Au fil des navigations, notre musicien doit trouver sa place sur le bateau, s’adapter au rythme marin et faire l’apprentissage de la patience et de l’observation. L’approche intime de son processus de composition musicale porté par l’intuition, l’émotion et la poésie s’entremêle à la science. Ce sont ces résonances qui rendent ce film passionnant. Outre cet accès à la magie de la création, le film nous tient en haleine par le biais du montage particulièrement efficace de Vincent Schmitt qui a déjà exercé ses talents sur La Panthère des neiges. De la même manière, c’est dans le climax de l’attente de la rencontre avec les baleines que se déploie, grâce au cinéma, l’intensité du mystère du monde sauvage.
Au fil de cette lente et patiente tentative de dialogue, la baleine à bosse répondra-t-elle au musicien ? En racontant avant tout une expérience d’écoute et d’émerveillement face aux émotions animales et en documentant la conception du nouvel album de Rone Megaptera, le film nous donne à entendre, à sa manière, une part du chant des océans.











