Arco
Ugo Bienvenu
Année : 2025
Pays : France
Jeune Public : Oui
Âge minimum : 8 ans
Durée : 88 mn
Alma Jodorowsky, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel, William Lebghil, Frédérique Cantrel, Oxmo Puccino
Félix de Givry, Ugo Bienvenu
Cristal d’Or du meilleur long métrage – Festival d’Annecy 2025
Qui ne s’est jamais demandé ce qu’il pouvait bien y avoir au pied d’un arc-en-ciel ? Un pont entre le monde des vivants et celui des dieux ? Une prédiction d’événements catastrophiques à venir ? Un exauceur de vœux pour celui qui passerait en dessous ? Autant de mythes et croyances populaires… Et si, hypothèse fascinante, l’arc-en-ciel était la trace laissée par un voyageur du temps ?
Nous sommes au XXIIe siècle. Arco, un garçon d’une dizaine d’années, vit avec les siens au milieu de la nature, dans un village de maisons perchées sur d’immenses structures, au milieu des nuages. Les humains ont désormais le pouvoir de voyager dans le temps et Arco souhaite plus que tout pouvoir partir avec ses parents et sa grande sœur : soit dans le passé pour voir comment c’était avant, soit dans le futur pour découvrir comment ce sera après… Et en tirer des leçons, repérer les erreurs à ne pas commettre… Mais voilà, Arco est encore trop jeune, il doit patienter. Sauf que la patience, ça va bien un moment ! Une nuit, le jeune garçon n’y tient plus : il « emprunte » le cristal de sa sœur, pierre indispensable au voyage, et sa combinaison arc-en-ciel. Direction : la préhistoire, il a toujours voulu voir, en vrai, les dinosaures ! Mais Arco ne maîtrise évidemment pas la technique du périple temporel, il s’emmêle les pinceaux et finit par débarquer… en 2075, un passé beaucoup moins lointain. Il est trouvé inanimé par Iris, une jeune fille de son âge, bouche bée de voir tomber des nuées ce mystérieux garçon couleur arc-en-ciel. Mais pas le temps de réfléchir : un trio assez barjo a également assisté à la chute et a suivi à la trace les traînées multicolores laissées dans l’azur par Arco. Et les trois sont bien décidés à prouver qu’ils ne sont pas fous et que leur théorie de voyage dans le temps est bel et bien foncée ! C’est sans hésiter qu’Iris les envoie sur une mauvaise piste et qu’elle ramène le garçon chez elle où, elle en est sûre, Mikki, son nannybot (rien de moins qu’un robot nounou !), saura quoi faire. À son réveil, Arco va se rendre compte qu’il a perdu le cristal lui permettant de rentrer chez lui. S’ensuit une aventure merveilleuse pour trouver par quel moyen revenir à son présent sain et sauf…
Magnifique film d’animation, Arco nous plonge dans un univers où la science-fiction permet de pousser d’un cran les dérives de nos sociétés pour certes en montrer les défauts mais aussi, par contraste, toute la beauté de l’univers. Arco, qui vient d’un monde où le lien avec la nature est central, où parler aux oiseaux coule de source, découvre chez Iris un monde d’illusions, où tout n’est que réalité augmentée (Iris, qui ne voit le plus souvent ses parents qu’en projection holographique, est donc élevée par un robot) et où la nature, balayée constamment par les catastrophes, est assistée par une technologie omniprésente, qui ne fait que retarder le drame. Un monde en définitive où l’humanité est coupée d’elle-même. Mais ce qui est magnifique, c’est que le film nous offre un récit empli d’espoir, qui nous invite à imaginer le monde, non pas de demain (qui semble déjà condamné), mais d’après-demain. Un horizon désirable à l’échelle duquel tout est encore envisageable et réalisable. « Il me semble que, plus que jamais, il nous faut croire que le meilleur est possible, il nous faut l’imaginer pour qu’il advienne ». Et grâce à cet enfant arc-en-ciel, on se prend vraiment à rêver d’un futur possible, désirable…


