samedi 17 octobre 2026 à 17:30

Tournefeuille

Coup de cœur des lycéens

Samedi 17 octobre à 18h séance unique de DJ AHMET, en partenariat avec L’École d’Enseignements Artistiques de Tournefeuille (EEA),

occasion ultime de (re)voir ce film, coup de cœur des lycéens, pour une mise en ambiance avant le Concert le lendemain à 11h à l’Escale. Sans réservation.

Le Garçon qui faisait danser les collines

Réalisation : Georgi M. Unkovski
Casting : Arif Jakup, Agush Agushev, Dora Akan Zlatanova
Scénario : Georgi M. Unkovski


Type de film : Fiction
Pays : Macédoine, République tchèque
Année : 2025
Durée : 99 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 03/06/2026

Ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs ? Pas sûr que l’expression ait vraiment atteint le nord de la Macédoine, où Ahmet vit avec son père et son petit frère Naim, surnommé « Pistache ». Dans cette communauté yuruk, les traditions restent solidement ancrées, et les jeunes, aspirant à un peu plus de liberté, se heurtent souvent à l’intransigeance des anciens.

La modernité arrive pourtant, par petites touches. Voir l’imam en extase devant des haut-parleurs fraîchement installés et reliés à un ordinateur pour lancer les prières vaut, à défaut de pistaches, son pesant de cacahuètes. Encore faut-il savoir s’en servir : allumer la machine, brancher au bon moment… Hodja sait qu’il peut compter sur Ahmet, toujours prêt à rendre service. Mais pour l’adolescent, le quotidien s’est assombri depuis la mort de sa mère. Naim ne parle plus, le père se réfugie dans le travail, et la maison reste suspendue à ce deuil qu’on ne sait pas nommer. Seule la musique – écoutée autrefois en cachette avec son frère et leur mère – lui donne un peu de bonheur. Et puis il y a les copains, l’école, ce fragile espace de respiration. Jusqu’au jour où tout bascule : son père le retire de l’école. Désormais, pendant que le chef de famille sillonne les marchés pour vendre les fromages, Ahmet gardera les brebis et veillera sur son frère – en alternance, en cas d’urgence, avec une voisine.

C’est alors que l’adolescent rencontre Aya. Arrivée d’Allemagne, promise à un mariage arrangé avec un inconnu, elle détonne immédiatement. À peine dissimulée sous son foulard, une mèche rebelle dit déjà beaucoup. Aya n’a rien d’une future épouse docile. Elle aime la musique, elle aussi, et nourrit un plan – peu orthodoxe – pour échapper à un destin qu’elle refuse.

À partir de là, le film déploie avec une grande justesse son récit d’apprentissage. Georgi M. Unkovski filme le conflit générationnel sans caricature : d’un côté, les coutumes : mariages forcés, punitions, recours au guérisseur ; de l’autre, des adolescents qui découvrent téléphones portables, réseaux sociaux, et surtout la possibilité de choisir leur propre voie. Rien n’est simple, tout se négocie, souvent dans la douleur. Mais Le Garçon qui faisait danser les collines ne se contente pas de ce face-à-face. À travers Aya, le film laisse émerger une parole plus frontale : celle d’un refus des cadres imposés par une société patriarcale, d’un désir d’émancipation qui ne demande plus la permission. Sans discours appuyé, le geste est là, net.

Au centre du récit, Ahmet avance à tâtons. Il découvre l’amour, impose peu à peu sa propre voix – et sa voie pour trouver sa place entre fidélité aux siens et désir d’ailleurs. La musique, omniprésente, devient un véritable langage. Elle relie, elle libère, elle permet d’exister autrement, sauf aux yeux du père, pour qui elle reste un motif de tension. La force du film tient pour beaucoup à son interprète principal, Arif Jakup, d’une justesse remarquable. Peu loquace, il fait passer une multitude d’émotions dans un regard, une hésitation, un mouvement, notamment quand la musique se fait entendre. On est touché par ce garçon aux sentiments naissants et maladroits, on rit, on se retient à grand peine, nous aussi, de danser – et l’on reste avec la sensation rare, à peine la lumière rallumée, que quelque chose continue de vibrer au-delà des images. Comme un écho discret mais tenace.

« Des Balkans à Tournefeuille » : après leur séjour Erasmus+ à Byala en Bulgarie, 14 jeunes musiciens de 13 à 22 ans de l’EEA partageront un peu de leur aventure artistique et humaine avec le public. Une première restitution musicale aura lieu dimanche 18 octobre à 11h à L’Escale, « Jouons ensemble »  aux côtés des ensembles de flûtes traversières de l’EEA : un rendez-vous pour entendre les répertoires découverts par nos jeunes Tournefeuillais·es, mais aussi restituer l’énergie collective et les rencontres qui nourrissent encore cette expérience européenne. »

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