L’être aimé

El ser querido

Rodrigo Sorogoyen

Année : 2025
Pays : Espagne
Durée : 135 mn
Date de sortie nationale : 30/04/2026
VOST

Javier Bardem, Victoria Luengo, Raul Arévalo, Marina Foïs, Miguel Garcés
Rodrigo Sorogoyen, Isabel Peña
Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, en compétition

16 mai 2026
20:45
17 mai 2026
11:45
18:15
20:30
18 mai 2026
14:00
20:30
19 mai 2026
13:20
20:30
20 mai 2026
11:45
15:40
20:30
21 mai 2026
13:30
20:30
22 mai 2026
16:20
21:15
23 mai 2026
11:30
16:35
18:50
24 mai 2026
11:45
18:00
20:30
25 mai 2026
14:00
20:20
26 mai 2026
16:30
20:10
27 mai 2026
11:40
20:20
28 mai 2026
14:05
20:20
29 mai 2026
12:05
19:00
30 mai 2026
14:30
21:20
31 mai 2026
14:15
18:00
01 juin 2026
12:05
20:20
02 juin 2026
12:05
17:30
03 juin 2026
11:30
17:50
04 juin 2026
12:05
20:30
05 juin 2026
12:05
18:45
06 juin 2026
14:00
21:15
07 juin 2026
11:30
20:00
08 juin 2026
20:30
09 juin 2026
14:00
Du 16/05/2026 au 09/06/2026 à Borderouge – Prochaines séances
16 mai 2026
20:45
17 mai 2026
11:00
13:35
18:00
18 mai 2026
16:15
20:40
19 mai 2026
13:40
18:10
20 mai 2026
18:20
21:00
21 mai 2026
15:45
21:00
22 mai 2026
14:20
21:15
23 mai 2026
13:20
18:35
24 mai 2026
15:50
20:45
25 mai 2026
16:15
20:15
26 mai 2026
13:00
17:55
27 mai 2026
13:40
17:50
28 mai 2026
15:45
20:45
29 mai 2026
16:40
21:30
30 mai 2026
13:30
21:30
31 mai 2026
15:50
20:15
01 juin 2026
16:00
20:45
02 juin 2026
13:50
17:50
03 juin 2026
15:45
04 juin 2026
16:10
05 juin 2026
15:45
21:15
06 juin 2026
13:30
18:15
07 juin 2026
11:00
20:15
08 juin 2026
20:45
09 juin 2026
18:20
Du 16/05/2026 au 09/06/2026 à Tournefeuille – Prochaines séances

Bon sang ! Se retrouver dans une salle de projection professionnelle, découvrir un film sans le plus petit indice (pour cause de black-out – on ne rigole pas avec la « sélection officielle » du Festival de Cannes) et atterrir deux heures quinze plus tard au milieu d’un public sidéré, s’ébrouer, reprendre son souffle, se dire qu’on vient de découvrir « quelque chose », un film puissant et sublime. Qu’importent les festivals, les palmarès… Que cet Être aimé soit une toute première rencontre ou que vous connaissiez le cinéma tendu, complexe et exigeant de Rodrigo Sorogoyen, je vous fiche mon billet que vous allez vous laisser cueillir, vous prendre une belle et vigoureuse claque de cinéma ! De nombreux spectateurs ont découvert le cinéaste espagnol avec As Bestas (en 2022) ou, plus récemment encore, avec la série Los años nuevos sur Arte, mais on le suit depuis Que Dios nos perdone en 2017 et on l’aime encore plus depuis El Reino (2019) et Madre (2020)…

Ce nouveau film, El Ser querido, c’est beau, c’est fort : dans le fond, dans la forme, dans les interstices de chaque plan, dans les regards de feu et de glace des personnages, dans la respiration des comédiens ou dans le souffle d’une mise en scène à la beauté rugueuse. La plongée est intense et le terrain de jeu, infini, explorant dans un même élan sous plusieurs strates les méandres d’une relation orpheline qui tente de renaître à la vie et le cheminement tortueux d’un artiste au cœur de sa création. En toile de fond, les coulisses d’un tournage, les rapports de domination – et, d’une certaine manière, la fin de l’ère de la masculinité toute puissante.

Dans la première scène, un plan-séquence époustouflant et prémonitoire, la caméra se pose sur le regard fébrile d’Esteban Martinez. Réalisateur estimé et mondialement connu dont la maturité auréolée d’un Oscar laisse à penser qu’il n’a plus rien à prouver, Esteban est plus nerveux qu’un jeune amoureux. Et s’il se trompait ? S’il faisait fausse route ? S’il était trop tard ? Mais Emilia est arrivée au rendez-vous et se tient face à lui. Une conversation, maladroite, tendue, commence. Elle a le même regard un peu inquiet – et pour elle aussi, le verbe est hésitant… Ils savent tous deux que les mots, une fois prononcés, seront livrés en pâture aux sentiments contradictoires, aux émotions peut-être violentes, sans retour en arrière possible. Mais Esteban ne va pas flancher : il s’apprête à tourner son prochain film et celle qu’il veut pour incarner le personnage principal est cette comédienne peu connue à la trentaine incertaine, qui se tient face à lui : sa fille Emilia, qu’il n’a pas revue depuis treize années…

On les retrouve quelques mois plus tard, dans le paysage désertique des Iles Canaries pour le premier jour de tournage du film, « une histoire d’abandon, une histoire de trahison, une histoire d’amour entre des gens qui ne peuvent pas se regarder droit dans les yeux »… Cette histoire qu’Esteban a laissée s’enfuir et sur laquelle il tente aujourd’hui de reprendre le pouvoir par la mise en scène. Une histoire dont il ne connaîtra jamais la saveur mais qu’il tente de goûter par procuration. Une histoire qu’il tente de réécrire au présent comme on panse une plaie. Mais plus le metteur en scène fait démonstration de sa puissance, exerçant sur son équipe une autorité teintée de paternalisme, plus en l’homme s’ouvre la brèche, comme un film négatif remontant du passé, révélant une fragilité trop longtemps enfouie.

La maîtrise impressionnante du récit et de la mise en scène, la précision de chaque plan, l’usage impeccable, toujours justifié, des changements de format, des filtres… ne laissent jamais le spectateur se perdre dans l’artifice d’une si éclatante virtuosité. Cette maîtrise lui offre au contraire, avec une grâce infinie, l’émotion à l’état brut des tourments tus qui osent enfin s’affronter entre un père et une fille étrangers l’un à l’autre. Comme ses deux comédiens, le film est magistral.

D’autres films à l’affiche

France – 2025
88mn
Japon – 2025
90mn
France – 2026
122mn
France – 2022
109mn