mercredi 07 octobre 2026 à 20:00
Borderouge
Avant-première suivie d’une rencontre avec Nicolas Wadimoff, réalisateur.
En partenariat avec Solidarité Palestine Toulouse.
Préventes à la caisse du cinéma et sur festik.net
Qui vit encore
Réalisation : Nicolas Wadimoff
Casting : Ghada Alabdala, Hana Eleiwa, Haneen Hanara, Malak Khadra, Eman Shannan, Adel Altaweel, Feras Elshrafi, Mahmoud Jouda, Jawdat Khoudary
Scénario : Nicolas Wadimoff
Type de film : Documentaire
Pays : France, Suisse
Année : 2026
Durée : 114 mn
Version : VOST + séances en VF
Sortie nationale : 14/10/2026
C’est d’abord l’histoire d’un long compagnonnage entre un jeune réalisateur suisse, aventurier et militant, et la cause palestinienne, qu’il épouse à la fin des années 1980 comme une nécessité vitale, porté par la conviction politique mais aussi par la simple et irrésistible empathie pour un peuple martyr depuis plus de 80 ans. Cet engagement profond l’emmènera d’abord à Jerusalem et en Cisjordanie, puis à Gaza, à l’époque encore accessible aux journalistes.
Nicolas Wadimoff y consacrera une grande partie de sa vie et de sa filmographie, autant pour la télévision (récemment un reportage passionnant sur l’UNRWA pour Arte) que pour le cinéma (deux films tournés à Gaza et sortis en salle en France : Aisheen, Chroniques de Gaza, tourné au lendemain de l’Opération « Plomb durci », et L’Apollon de Gaza, étonnante enquête autour de cette statue antique découverte dans la baie de Gaza puis mystérieusement disparue
Quand arrive le tragique 7 octobre 2023, et quelques jours après le début de la terrible répression et des bombardements aveugles qui s’en suivent, Nicolas Wadimoff se rend immédiatement à la frontière avec l’Egypte, pour tenter de rentrer dans la bande de Gaza et prendre des nouvelles de ses ami·es. Mais même pour le personnel de l’UNRWA – dûment prévenu par les Israéliens que sa sécurité n’est plus assurée –, la chose est impossible. Le cinéaste est donc bloqué au Caire, où il retrouve par hasard, au milieu d’une petite communauté de réfugiés gazaouis qui ont réussi à fuir, son ami Mahmoud Jouda, le collectionneur d’art de L’Apollon de Gaza, en état de sidération totale et profondément affaibli. À partir de cette rencontre et de quelques autres, il décide qu’il est indispensable de redonner la parole à ces Gazaouis, pour qu’ils racontent leur vie d’avant, la violence des événements actuels mais aussi leurs aspirations futures. Il pense aussi qu’il est indispensable de les éloigner de leur milieu pour que leur témoignage soit le moins possible perturbé par la situation environnante. Pour cela, il choisit de les faire venir dans un grand théâtre genevois. Mais voilà : rebondissement politique, le nouveau ministre des affaires étrangères suisse refuse leurs visas ! Qu’à cela ne tienne, le tournage se passera donc dans un des seuls pays au monde qui acceptent les Gazaouis sans visa : l’Afrique du Sud. Wadimoff imagine un dispositif étonnant : devant une immense carte de Gaza dessinée au sol à la craie et qui sert de repère, il filme les témoignages de neuf Gazaoui·es. Ce qui étonne d’entrée, c’est l’éclectisme de leurs identités : journaliste, poète, écrivain, influenceuse… on est loin des miséreux persécutés par le Hamas sur lesquels fantasment les médias occidentaux dominants. Leurs parcours respectifs sont terribles, certain·es ayant perdu la quasi-totalité de leur famille, mais très différents, et ils ne sont pas forcément d’accord sur leur vision de l’avenir. Profondément émouvant et dégageant une force tranquille, Qui vit encore traite de la perte et de la préservation de l’identité dans les moments terribles traversés par les témoins.
Expérience cathartique pour les protagonistes, qui se retrouvent et se soutiennent à chacun des témoignages, le film est aussi une expérience bouleversante pour le spectateur, rarement habitué à deux heures de témoignages bruts de victimes survivantes d’une entreprise génocidaire, montrant s’il en était besoin que la force de la parole est aussi puissante que celle des images.































