Digger

Réalisation : Alejandro González Iñárritu
Casting : Tom Cruise, Sandra Hüller, Jesse Plemons, Riz Ahmed, John Goodman, Michael Stuhlbarg
Scénario : Alejandro González Iñárritu, Alexander Dinelaris Jr., Nicolás Giacobone, Sabina Berman

Type de film : Fiction
Pays : USA
Année : 2026
Durée : 128 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 30/09/2026

Ciné – Débat
Dimanche 04 octobre à 14:30 à Tournefeuille.

Dimanche 4 octobre à 14h30 à Tournefeuille, discussion en anglais dans le coin cheminée sur la question : « Will the US Midterm Elections be Fair in the USA ? » suivie du film à 15h40. Animée par Michael Stambolis-Ruhstorfer, Maître de conférences en études américaines à l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Organisée par Democrats Abroad France.  
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Mardi 27 octobre
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Mercredi 28 octobre
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Vendredi 30 octobre
18:00
Samedi 31 octobre
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Dimanche 01 novembre
16:00
Lundi 02 novembre
12:05
Mardi 03 novembre
20:20
Du 21/10/2026 au 03/11/2026 à Borderouge – Prochaines séances

Eastwood disait, dans Le Bon, la brute et le truand : « Le monde se divise en deux catégories ; ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses » . Digger – qu’on pourrait traduire justement par « celui qui creuse » – se présente donc comme l’exact contraire de cet adage Leonien : celui qui creuse n’est plus le faible, il est le roi, le grand pourvoyeur de l’or noir qui structure notre civilisation depuis le début du XXe siècle. Mais voilà, il a tellement creusé, Digger Rockwell, creusé partout sur la planète, qu’il ne lui reste plus que les pôles pour étancher sa soif de richesse. Eh bien ! Qu’à cela ne tienne : creusons dans l’Arctique, creusons dans l’Antarctique, creusons encore, creusons toujours ! Et c’est là que tout va partir en sucette. Car à force de défoncer les strates et s’enfoncer sous la banquise, les équipes de forage du magnat du pétrole provoquent une crevasse énorme, gigantesque, qui s’élargit de plus en plus, qui va bientôt devenir incontrôlable. Et comme s’il n’était pas suffisamment catastrophique qu’un bloc de glace de plusieurs kilomètres carrés menace de se détacher et de dériver vers le continent européen, il se trouve que le réchauffement climatique (ce sacré farceur) a eu comme effet de libérer sous la calotte glaciaire des tonnes de méthane, tout prêt à s’enflammer au contact du moindre cigare mal éteint ! Vous l’aurez compris, Iñárritu s’attaque avec son nouveau film à la problématique ô combien sensible, ô combien d’actualité du bouleversement climatique en cours – et à l’immobilité crasse des puissants qui nous gouvernent. Il met en scène ce film catastrophe – au plein sens du terme – avec une maestria qui nous a laissés sur le cul (si vous me passez l’expression). On ne révélera rien ou presque de la façon dont il choisit de raconter cette histoire, dantesque, sidérante, pour en ménager toutes les surprises et ne pas vous gâcher le plaisir.

Lorsqu’il ne met pas complaisamment ses pectoraux saillants, sa mâchoire carrée et son regard d’acier au service d’une kyrielle de films d’action interchangeables, Tom Cruise est un comédien étonnant. Doublé d’un producteur au flair assez exceptionnel… Entre deux blockbusters, on l’a vu déployer des trésors de jeu insoupçonnés pour se rendre crédible dans des films à haute valeur cinéphilique ajoutée signés Martin Scorsese (La Couleur de l’argent), Stanley Kubrick (Eyes wide shut), Paul Thomas Anderson (Magnolia), Steven Spielberg à son meilleur (Minority report), Bryan Singer (Walkyrie)… Il était logique que son chemin finisse par croiser la route du plus foudroyant des cinéastes mexicains – rapidement adoubé par Hollywood – de ce début de siècle, Alejandro González Iñárritu à qui l’on doit Amours chiennes, 21 Grammes, Babel, Birdman et enfin The Revenant en 2016, excusez du peu.

Fruit de cette rencontre au sommet, Digger est une réussite assez unique en son genre. Accent traînant du sud des États-Unis, bedaine à peine contenue et calvitie mal assumée, totalement méconnaissable, Tom Cruise casse son image de héros américain parfait, symbole d’une Amérique fantasmée qui serait la gardienne de la galaxie, pour incarner avec gourmandise un magnat du pétrole tour à tour roublard, grotesque, vil et minable (toute ressemblance avec un certain mafieux de l’immobilier devenu Parrain en chef du pays le plus puissant du monde n’est certes pas fortuite). Iñárritu signe une nouvelle fois une œuvre majeure, grandiose, baroque et sacrément jouissive : un brûlot écolo, un film d’anticipation aussi drôle que terrifiant, qui fait écho évidemment à notre présent climatique apocalyptique. Du grand cinéma états-unien comme on l’aime, brillant, intelligent, divertissant.

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