20 mai à 14:00

Borderouge

Séance unique suivie d’un atelier « Micro-Folie » de découverte du cinéma d’animation proposé par le Centre culturel Renan.

Séance unique mercredi 20 mai à 14h à Borderouge suivie à 15h30 d’un goûter et d’un atelier « Micro-Folie » de découverte du cinéma d’animation proposé par le Centre culturel Renan.

À travers plusieurs activités ludiques (scénario, cadrage, écriture, tournage…), les enfants découvriront les différentes étapes de création d’un film et se glisseront dans la peau d’une équipe de tournage. Atelier et goûter gratuit sur réservation (nombre de participants limité) : au cinéma ou sur utopiaborderouge.festik.net

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Azur et Asmar

Michel Ocelot

Année : 2006
Pays : Fance
Jeune Public : Oui
Âge minimum : 7 ans
Durée : 95 mn

Cyril Mourali, Karim M’Riba, Patrick Timsit, Hiam Abbass, Rayan Mahjoub
Michel Ocelot

Inutile bien sûr de vous rappeler que le réalisateur d’Azur et Asmar est le créateur du gentil Kirikou. Ce petit garçon espiègle et attachant, dont les aventures, racontées dans deux films, Kirikou et la sorcière et Kirikou et les bêtes sauvages, furent plébiscitées par des centaines de milliers de bambins. Le succès bienvenu du premier Kirikou permit enfin d’écorner le monopole absolu dont jouissaient jusqu’alors les produits Disney. Réjouissons-nous, petits et grands, c’est pour le meilleur que Michel Ocelot abandonne aujourd’hui son petit bonhomme au profit non pas d’un, mais de deux héros : Azur et Asmar. Deux jolis garçons sortis d’un conte de fées qui pourrait commencer par : « Il était une fois »…

Il était une fois les mille et une nuits et leur univers merveilleux comme aucun cerveau humain disponible, comme aucune imagination, même fertile, ne peut les concevoir. Et sans doute fallait-il le dessin animé, les six années de travail acharné de Michel Ocelot et de son équipe, pour rendre enfin visible sous nos yeux éblouis toute la magie, les couleurs, les décors, la musique de ces contes arabes qui, depuis le règne de Louis xiv, dépassent de leurs fastes orientaux la cour même de Versailles.
Peut-être, me direz-vous, ce fantastique exercice de style cache-t-il, comme parfois dans les dessins animés pour enfants, une historiette gentillette qui, gageons le, aurait quand même séduit les petits tout en permettant à la victime de la garde alternée de piquer un petit roupillon réparateur.
Mais, miracle ! qui ne se reproduit sans doute que tous les cinquante-quatre ans – trois et trois font deux – cette formidable réussite cinématographique, artistique et technologique se double d’une réflexion tendre et pertinente sur notre époque, ô combien trouble et troublée. Une réussite qui dote ce grand corps éblouissant d’un cerveau et d’une âme, et qui en fait un grand film pour adultes. Un prodige qu’avait aussi réussi en son temps Le Roi et l’oiseau qui, paraît-il, avait même réussi à tirer une larme à Staline. On rêve alors, aujourd’hui, d’une après-midi studieuse à Utopia où l’on verrait débarquer, parmi les bambins, Georges Bush, Benoît XVI, Tony Blair et tous les va-t-en croisade de la planète, qui, après quelques châtaignes grignotées au coin du feu, viendraient verser une larme sur un monde par eux perdu…

« Faire un long-métrage en dessin animé, c’est consacrer six ans de sa vie à un sujet. Il faut que cela en vaille la peine. Le sujet qui me tenait le plus à cœur ? D’une part, tous ces gens qui se détestent – ils ont été élevés comme ça – qui se font la guerre, d’autre part, les individus, des deux côtés, qui ne suivent pas et qui s’estiment, s’aiment par-dessus les barbelés. C’est cela qui me touche au plus profond. J’ai d’abord pensé à la France et l’Allemagne. Mais nous sommes désormais tellement en paix que je n’ai pas eu envie de revenir sur ce passé lamentable et révolu. J’ai envisagé ensuite d’inventer un pays ennemi, avec une fausse langue étrangère. Inventer un pays ennemi, quelle triste idée ! Inventer une langue fausse, quelle mauvaise idée ! J’ai alors pensé à la vie quotidienne en France et dans le monde. Il ne s’agissait plus de traiter d’une guerre déclarée, mais d’une animosité ordinaire entre citoyens de souche et citoyens récents et, poussant plus loin, entre Occident et Moyen-Orient. J’avais mon sujet : une réalité brûlante à traiter en conte de fées merveilleux… »
Michel Ocelot