Les Autres
The others
Réalisation : Alejandro Amenábar
Casting : Nicole Kidman, Elaine Cassidy, Christopher Eccleston
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : Espagne
Année : 2001
Durée : 104 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 26/12/2001
Vendredi 13 novembre à 20:00 à Tournefeuille.
Vendredi 13 novembre à 20h à Tournefeuille, CINÉ PHILO avec les professeurs Sylvain Kermarrec et Amara Bouala. Projection unique du film LES AUTRES suivie d’un débat philosophique :« Pour qui sonne le glas. »
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Nous nous regardons mais nous ne nous voyons jamais. Les vivants sont fantomatiques et les spectres ne cessent d’habiter nos souvenirs. Peut-être même décident-ils de nos existences ? Dans ce film, il est question de solitude et de maison aussi belle et sombre que le plus confortable des cercueils. Est-ce une allégorie de la misère humaine ? Celle qui croit mettre de l’éternité dans ce qu’elle possède ? Le temps de la vie est trop souvent un temps de l’oubli, de l’effacement, de soi au profit d’un lent cheminement vers l’horizon crépusculaire. Les Autres est un film sur la solitude, sur la vie qui s’essaye à transgresser l’éternité en faisant de nous des architectes de notre sépulture. Un chef d’œuvre poétique dont la délicatesse se fait murmure de la vie.
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Ile de Jersey, 1945. La guerre est finie, mais le mari de Grace n’est pas revenu du front. La jeune femme (Nicole Kidman, époustouflante) vit seule avec ses deux enfants dans un manoir que la brume isole souvent du reste du monde. La demeure est inquiétante, démesurément grande pour ses trois habitants. Les couloirs sont interminables, les portes innombrables. Ces portes imposantes, Grace prend soin de bien les verrouiller derrière elle chaque fois qu’elle les franchit. Son trousseau de clefs ne la quitte jamais.
Grace élève ses enfants à sa manière : mélange d’éducation religieuse et de morale rigide, fondée sur le Bien contre le Mal… Anne et Nicholas se plient plus ou moins docilement à cette vie austère. Leur mère est dure mais c’est pour leur bien, pour leur salut futur dans l’au-delà. Et puis, sous la façade sévère, il y a une mère aimante, une femme perdue qui voudrait que son mari revienne et que tout redevienne comme avant.
Trois nouveaux domestiques arrivent au manoir : un couple âgé et une jeune fille muette. Grace leur explique les règles de conduite ; Les domestiques s’exécutent, la vie triste et oppressante reprend son cours, le frère et la sœur s’inventent de nouveaux jeux, s’amusent à se faire peur.
Mais d’où viennent les pleurs d’enfant qu’Anne entend certains soirs ? Mais pourquoi les portes s’ouvrent-elles, alors que Grace les ferme consciencieusement à double-tour ? Et d’où viennent vraiment ces trois domestiques au calme si inquiétant, au détachement presque irréel ?
Le plaisir de l’effroi qui vous fait frissonner l’échine et carburer les méninges, la griserie de la trouille qui vous saisit sans prévenir, qui fait ressurgir les échos de vos peurs enfantines… Réjouissez-vous donc, Les Autres va vous flanquer la pétoche, et pas qu’un peu… Et c’est d’autant plus réussi qu’Amenábar choisit d’en montrer le moins possible, de tout suggérer, par petites touches, par allusions dispensées au compte-gouttes, juste ce qu’il faut pour nous guider puis nous égarer, juste ce qu’il faut pour semer dans nos terminaisons nerveuses les graines de l’angoisse, les germes de la terreur.


