Decorado

Réalisation : Alberto Vázquez
Scénario : Alberto Vázquez, Francesc Xavier Manuel
Récompenses : Goya 2026 du meilleur film d’animation, Prix Paul Grimault au festival d’Annecy 2026

Pas du tout pour les enfants

Type de film : Animation, Fiction
Pays : Espagne
Année : 2025
Durée : 93 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 26/08/2026

Mercredi 16 septembre
18:30
Jeudi 17 septembre
11:45
Vendredi 18 septembre
21:30
Samedi 19 septembre
14:20
Dimanche 20 septembre
11:30
Lundi 21 septembre
16:00
Mardi 22 septembre
14:00
Mercredi 23 septembre
14:20
Jeudi 24 septembre
17:20
Vendredi 25 septembre
15:40
Samedi 26 septembre
21:45
Dimanche 27 septembre
11:30
Dernière séance
Du 16/09/2026 au 27/09/2026 à Borderouge – Prochaines séances
Mercredi 26 août
15:50
Mercredi 26 août
19:20
Jeudi 27 août
18:50
Vendredi 28 août
14:30
Vendredi 28 août
21:15
Samedi 29 août
21:30
Dimanche 30 août
15:45
Lundi 31 août
17:30
Lundi 31 août
20:10
Mardi 01 septembre
18:15
Mercredi 02 septembre
19:00
Jeudi 03 septembre
13:45
Vendredi 04 septembre
17:00
Samedi 05 septembre
21:30
Dimanche 06 septembre
20:15
Lundi 07 septembre
16:05
Mercredi 09 septembre
16:20
Jeudi 10 septembre
21:15
Vendredi 11 septembre
21:40
Dimanche 13 septembre
11:30
Du 26/08/2026 au 13/09/2026 à Tournefeuille – Prochaines séances

« Le monde est une scène de théâtre extraordinaire mais la distribution est déplorable. »

C’était déjà le cas pour Psiconautas et Unicorn wars, tous deux Goya du meilleur film d’animation : Alberto Vázquez adapte avec Decorado son court-métrage éponyme (et primé lui aussi !) de 2016. Passé au long métrage l’année suivante, cet auteur galicien de bandes-dessinées, illustrateur notamment de Lovecraft et Edgar Poe, étoffe à chaque long métrage un univers surréaliste de plus en plus flamboyant sans se départir d’un sens irrésistible de la satire à la noirceur très cartoonesque. Comme qui dirait à l’ACME* de cette progression, ce troisième long métrage prend une ampleur bien plus ambitieuse et atteint une dimension lyrique d’art total, poussant très loin dans le détail la description de l’univers de cette histoire fantastique.

La première scène, figurant au son de la toccata en fugue de J.S. Bach les différents tableaux, a ainsi tout de l’ouverture opératique, levant le rideau sur une ville tout droit sortie d’un conte pour enfants. Les repères symboliques y sont inversés et pervertis par la présence écrasante, au sommet d’une colline, d’une société omnipotente au nom très faustien, ALMA (« âme » en espagnol), pour Almightly Limitless Megacorporative Agency, dont les produits pourvoient à tout. Un oiseau, avec pour chant matinal une sonnerie générique de téléphone mobile, réveille Arnold, souris d’âge moyen au chômage de longue durée, qui commence chaque journée par avaler les « 100 % de bonheur » promis sur l’étiquette des antidépresseurs ALMA, avant d’aller s’abrutir devant ALMA TV pour ne pas manquer Ronnie Duck, le canard qui s’en prend plein la gueule à chaque épisode, et rêver devant les coupures pubs d’ALMA Holidays. Maria, souris illustratrice pas très douée, s’efforce de gagner son bout de fromage, serinée par les paroles décourageantes d’une petite fée aux yeux cernés nommée Dépression, rêvant à leur jeunesse et leur bonheur enfuis, harcelée par Gregory, le président directeur général d’ALMA qui voudrait bien la mettre en cage dans son ALMA Tower dorée.

Seul employeur de la ville, ALMA maintient sous sa domination la population par un taux de chômage constant qui organise la compétition entre les pauvres, à l’aide d’une milice de nervis fascistes qui tient lieu de police (toute ressemblance avec la réalité est bien entendue fortuite…). Avec ses amis Ramiro Rat et Pollo Crazy, drogués et un peu cinglés, Ronald aime bien s’aventurer dans la forêt interdite à la lisière de la ville, promesse d’inconnu, pour y reluquer une sirène au corps de femme sexy et à tête de poisson. Un démon y joue de la lyre en chantant sa mélancolie, et un hibou géant tout droit sorti de Brisby et le secret de Nimh plane au-dessus des arbres, prêt à dévorer les souris imprudentes. Si Ronald s’y risque, c’est parce qu’au fond de lui, il trouve quand même que le monde autour d’eux devient de plus en plus étrange, comme si tout ça n’était…

Au pays de Buñuel et de Dali, cette Souris galicienne manie les cellulos comme autant de rasoirs dans une fable anticapitaliste dystopique au pays des toons, qui tient autant de Brazil que de The Truman Show, et dont l’obscurité, par ces temps caniculaires, sans être franchement guillerette, est très rafraîchissante, délicieusement grinçante et d’une inventivité folle.

* American Company Making Everything : entreprise de fiction apparue dans l’univers des dessins animés Looney Tunes dans les années 1930 post-grande dépression. ACME était aussi le nom d’ALMA dans le court métrage de 2016.

D’autres films à l’affiche