Un bon petit soldat

Réalisation : Stéphane Brizé
Casting : Alba Rohrwacher, Vincent Lindon, David Talbot, Adrien Bobinet, Sharif Andoura
Scénario : Stéphane Brizé, Coralie Amédéo, Olivier Gorce

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 102 mn

Sortie nationale : 25/11/2026

Pas d’horaire trouvé à Borderouge
Mercredi 25 novembre
13:45
Mercredi 25 novembre
19:30
Jeudi 26 novembre
18:00
Jeudi 26 novembre
21:10
Vendredi 27 novembre
14:15
Vendredi 27 novembre
20:30
Samedi 28 novembre
19:10
Samedi 28 novembre
21:15
Dimanche 29 novembre
13:45
Dimanche 29 novembre
18:30
Lundi 30 novembre
14:00
Lundi 30 novembre
20:45
Mardi 01 décembre
13:20
Mardi 01 décembre
19:15
Mercredi 02 décembre
13:50
Mercredi 02 décembre
20:45
Jeudi 03 décembre
14:05
Jeudi 03 décembre
19:00
Vendredi 04 décembre
15:40
Vendredi 04 décembre
19:10
Samedi 05 décembre
15:30
Samedi 05 décembre
19:10
Dimanche 06 décembre
13:45
Dimanche 06 décembre
17:50
Lundi 07 décembre
15:50
Lundi 07 décembre
20:45
Mardi 08 décembre
13:45
Mardi 08 décembre
18:20
Du 25/11/2026 au 08/12/2026 à Tournefeuille – Prochaines séances

« Ah ! Dieu que la guerre est jolie, avec ses chants, ses longs loisirs… » Guillaume Appolinaire

Dans la guerre économique moderne, au cœur du champ de bataille entrepreneurial, Carla est ce qu’il convient d’appeler « un bon petit soldat ». Avant de monter au front, la vaillante Italienne a fait ses classes dans une quelconque HEC, a studieusement appris le maniement des armes dans de prestigieuses universités aux quatre coins du monde, a assimilé et digéré les concepts et préceptes du management moderne ; elle a patiemment gravi les échelons, est montée en grade, s’est frottée aux multinationales, s’est spécialisée dans la gestion « éthique » des « ressources humaines ». Un label furieusement tendance en ce siècle du libéralisme triomphant, pour acheter pour pas cher un peu de paix sociale, amadouer les politiques, accessoirement attirer de nouvelles recrues, de la chair à canon fraîchement diplômée. Pourtant, telle un sous-officier idéaliste chargeant avec ferveur sous le feu de la mitraille, Carla y croit, à la possibilité « d’humaniser les ressources humaines ». C’est d’ailleurs pour ça qu’elle a été recrutée dans le service RH d’une grosse compagnie d’assurance : donner à la boîte le vernis éthique, social et inclusif sensé mettre en adéquation les prétendues « valeurs » prônées pour les clients et son fonctionnement interne. À l’égal du loisir, faire du travail une activité épanouissante, une aventure collective enrichissante, une passionnante et enviable expérience de vie plus qu’un moyen de survie… « Bullshit ! » comme on dit dans la langue de Jack London.

La Loi du marché, En guerre, Un autre monde… Le moins qu’on puisse dire, c’est que Stéphane Brizé a de la suite dans les idées. Un bon petit soldat est un nouveau chapitre dans sa passionnante exploration du monde du travail. Il met en exergue la violence impitoyable du lien de subordination invisible (oui, comme la fameuse « main du marché »), qui écrase, soumet les individus… quand il prétend les émanciper. Le travail rend libre… ? « Bullshit ! » derechef, comme on dit dans la langue d’Alexandria Ocasio-Cortez. Entièrement circonscrit dans le décor déshumanisé du siège de la Compagnie Amali, sise dans des tours de la Défense, et de ses abords immédiats, le film suit pas à pas l’inéluctable déniaisage de la jeune femme qui, au détriment de sa vie de femme, de mère, d’amoureuse, se livre corps et âme à son travail. D’abord en se faisant croire à sa mission, rapidement convaincue qu’il en va en réalité de sa propre survie. La caméra ne quitte pas Alba Rohrwacher d’une semelle. L’actrice, sidérante, est scrutée dans les moindres attitudes de son personnage soumis à une permanente douche écossaise – pouvant pétiller d’enthousiasme naïf dans un moment de connivence avec le grand patron et l’instant d’après ravaler son humiliation professionnelle.

La nouveauté, dans le cinéma humaniste, sec et tranchant de Stéphane Brizé, vient de l’humour vachard, terrifiant mais irrésistible qui affleure tout au long de ce drame en open-space. Certes pas aux éclats, plutôt jaune en vérité, on rit beaucoup devant sa description pourtant très peu caricaturale du monde de l’entreprise et de ses concepts foireux – du développement personnel prôné par l’amie de Carla en Face-time depuis New-York aux sessions de groupe menées dans les bureaux par un impayable « happiness-manager ». À la façon de Beaumarchais, « on se presse d’en rire de peur d’être obligé d’en pleurer ». Car de toute évidence, la guerre a depuis longtemps désigné le camp des vainqueurs. Et il est à peu près certain que Carla, le bon petit soldat, n’en fait pas partie…

D’autres films à l’affiche

USA – 2026
128mn
France – 2026
158mn
GB, Chili, USA – 2026
118mn