Si tu tends l’oreille
Mimi o sumaseba
Réalisation : Yoshifumi Kondo
Scénario : Hayao Miyazaki
Type de film : Animation, Fiction
Pays : Japon
Année : 1995
Durée : 111 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 04/11/2026
Dimanche 22 novembre à 17:30 à Tournefeuille.
DEUX IMPROMPTUS DU FESTIVAL MARIONNETTISSIMO (du 17 au 22 novembre) au Cinéma Utopia, dans le hall et dans les salles : venez profitez du spectacle et portés par l’enthousiasme, merci de penser à mettre trois sous dans le chapeau pour rétribuer les artistes.
Dans les salles de cinéma, 4 prestations : Minuscule Big Show – Cie c’est pas commun : Imaginez des marionnettes kokoshka se déhanchant sur les tubes des Black Eyed Peas ou de Queen… Difficile à imaginer ? Attendez de les voir ! Un petit numéro explosif, drôle et délicieusement absurde, où les marionnettes semblent avoir décidé, pour quelques minutes, de devenir de véritables stars de la pop. 2 représentations supplémentaires dimanche 22 à 16h10 devant LUCY LOST et à 17h30 devant SI TU TENDS L’OREILLE, durée 10 minutes.
Dans le hall du cinéma, 3 prestations : Au boulot – Cie Cindy room & Labadaude : Quand la marionnette à gaine, la musique baroque et le bruitage en direct nous embarquent dans un sacré chantier ! Tout public à partir de 4 ans. Jeudi 19 de 19h à 19h30, Vendredi 20 de 18h45 à 19h15, Samedi 21 de 16h à 16h30.
+ en première partie : ON YOUR MARK
Court métrage d’animation réalisé par Hayao MIYAZAKI Japon 1995 6 mn 40
Après l’épuisant déménagement du studio Ghibli et la réalisation de Porco Rosso, Hayao Miyazaki accepte de réaliser le clip d’On your mark, une chanson pop-rock du groupe japonais Chage & Aska sur l’amour éternel. Le résultat est un sublime court métrage expérimental, 6 mn 40 de pur émerveillement.
Suivant la structure non linéaire de la chanson, le cinéaste jongle avec la narration… confond les images d’une beauté plastique saisissante avec la musique, dans un même crescendo émotionnel. (filmsdeculte.com)
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C’est une scène qui fait battre le cœur à tout rompre. Un soir, une collégienne à l’âme romanesque descend dans l’atelier d’un jeune apprenti luthier. Elle l’écoute jouer quelques notes de violon, puis l’accompagne au chant sur l’air folk Country roads, de John Denver, en japonais dans le texte. Alors que sa voix hésitante se fraie un chemin dans la nuit, une bande de papys concertistes débarquent, armés d’instruments Renaissance, et rejoignent les duettistes, amplifiant leur ballade d’une somptueuse variété d’arpèges et de tessitures intemporelles. Grâce suprême d’un moment où l’amour spontané des deux adolescents naît à lui-même et prendra le reste du film pour se dire.
Ce passage magique est issu de Si tu tends l’oreille (1995), unique long-métrage d’animation de Yoshifumi Kondo et premier du Studio Ghibli à n’avoir été réalisé ni par Hayao Miyazaki, ni par Isao Takahata, ses deux fondateurs et irréductibles piliers. Kondo, jusque-là technicien chevronné, était pressenti pour prendre la relève d’un Miyazaki qui espérait partir à la retraite après l’immense chantier de Princesse Mononoke. Succession confirmée par le succès miraculeux que rencontra au Japon ce sublime conte réaliste, bouleversant de simplicité, mais que devait contredire le décès prématuré du jeune réalisateur deux ans et demi plus tard, inaugurant une malédiction de l’héritage dont le Studio ne se remettrait jamais vraiment.
Kondo était pourtant parvenu à creuser une voie singulière, très personnelle. Ici, une émotion intense sourd de la restitution infiniment précise du quotidien, celui de Shizuku, héroïne typique des productions Ghibli, entre l’appartement trop étroit qu’elle habite avec les siens et ses trajets rêveurs dans les rues d’une banlieue tokyoïte. La pente initiatique du récit ne va pas chercher le merveilleux dans l’imaginaire, mais le recueille à la surface des choses : dans les recoins de la ville, la beauté d’un geste, la fugacité des impressions lumineuses ou la contemplation de l’instant. De même, l’animation fait le pari de rogner sur le dynamisme pour se tenir au plus près du sentiment adolescent, sur la crête duquel elle vogue admirablement. Un joyau de sensibilité et de justesse (Mathieu Macheret, Le Monde)



