lundi 29 juin 2026 à 20:00
Borderouge
« Fête du cinéma » : ZAPPER BOLLORÉ !
Séance suivie d’une rencontre avec des acteurs, professionnels, militants, lanceurs d’alerte de Toulouse et des environs.
Le film est programmé du 10 juin au 1er juillet.
The Mad Dog of Europe
Réalisation : Rubika Shah
Casting : Ben Mankiewicz, Nick Davis
Scénario : Rubika Shah, Ed Gibbs
Type de film : Documentaire
Pays : Allemagne, France
Année : 2024
Durée : 83 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 15/04/2026
Jean Lafaurie, ancien résistant déporté à Dachau, disait : « L’extrême droite attend la disparition des derniers témoins comme moi pour réécrire l’histoire. » Phrase éclairée et pleine de sens, dont on aimerait ardemment réfuter l’état de fait ; nous en sommes pourtant bien là, en bout de course d’une fascisation sociétale qui fait le jeu des élites dirigeantes depuis plusieurs années.
Dans cette équation politique qui fait bien peu cas de ceux qu’elle met en danger, le cinéma peut sembler anodin. Les films ne changent pas le monde, dit-on. Certes. Mais ils peuvent nous rappeler avec force que tout est ancré quelque part, là-bas, au cœur d’un passé loin d’être révolu.
Il n’y a que peu de hasard dans la production d’un documentaire comme The Mad Dog of Europe en 2026. L’histoire relativement méconnue du scénariste de Citizen Kane est pourtant un exemple type de la manière dont l’art, ici le médium cinématographique, peut se faire le vecteur de son temps. En 1932, Herman J. Mankiewicz prédisait les véritables intentions d’Hitler une fois monté au pouvoir. Désireux de partager sa vision aussi cauchemardesque que prémonitoire, « Mank » écrit The Mad Dog of Europe, pamphlet sur une Allemagne en pleine ascension vers le destin que nous lui connaissons. Le film ne verra jamais le jour, par contre, le documentaire de Rubika Shah, oui. Retraçant le parcours de ce film sacrifié sur l’autel du capitalisme par quelques producteurs hollywoodiens reconnus, sa réalisatrice entend souligner combien les procédés qui ont conduit à son annulation sont le reflet de ce qu’il entendait dénoncer, et fait de son documentaire un miroir tendu vers le présent. À l’heure où certains chefs d’entreprise entendent faire prendre à la culture une direction où la liberté d’expression peut à tout moment subir un boycott, il est nécessaire de résister ! (merci à Theo Karbowski Le bleu du miroir.fr)



























