Colony

Gunche

Réalisation : Sang-Ho Yeon
Casting : Ginna Jun, Koo Kyo-hwan, Ji Chang-wook, Kim Shin-rock
Scénario : Sang-Ho Yeon, Gyu Seok Choi

Type de film : Fiction
Pays : Corée du Sud
Année : 2025
Durée : 122 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 27/05/2026
Âge minimum : 12 ans

Mercredi 10 juin
18:05
Jeudi 11 juin
16:10
Vendredi 12 juin
21:30
Samedi 13 juin
21:40
Dimanche 14 juin
20:30
Lundi 15 juin
12:05
Mardi 16 juin
16:15
Mercredi 17 juin
18:15
Jeudi 18 juin
11:45
Samedi 20 juin
21:30
Dimanche 21 juin
20:30
Lundi 22 juin
16:25
Mardi 23 juin
16:10
Mercredi 24 juin
18:10
Vendredi 26 juin
11:50
Samedi 27 juin
21:30
Dimanche 28 juin
20:00
Vendredi 03 juillet
21:30
Samedi 04 juillet
21:20
Lundi 29 juin
11:45
Mardi 30 juin
15:40
Lundi 06 juillet
11:45
Vendredi 10 juillet
17:00
Samedi 11 juillet
21:00
Lundi 13 juillet
17:30
Du 10/06/2026 au 13/07/2026 à Borderouge – Prochaines séances
Pas d’horaire trouvé à Tournefeuille

Prenez un chercheur – un peu fou, sans doute, et même limite psychopathe – qui se sentirait spolié par son ancien patron. Un savant ultra doué, un pervers génial, capable de mettre au point un virus hautement contagieux qui transforme les humains en hordes de zombies – et de lui adjoindre le seul antidote qui lui garantisse au passage sa propre survie : lui-même. Idée tout bonnement géniale, qui lui permet d’un côté de traverser comme une fleur des vagues de monstres déchaînés ; et de l’autre de côtoyer sans danger ses contemporains, légitimement irrités, qui ne peuvent compter que sur lui pour juguler l’épidémie. Et qui de plus indiqué pour tenir le rôle de « patient zéro » – celui qui recevra l’injection de l’affreux sérum zombificateur – que son ex (et ingrat) directeur de labo ? Celui-ci tient justement une conférence scientifique dans un immense gratte-ciel de Séoul, à la pointe de la technologie. Dûment contaminé, le bonhomme va passer aussitôt le mistigri infectieux à une foule de pauvres badauds qui faisaient innocemment du lèche-vitrine. Un petit groupe hétéroclite parvient néanmoins à échapper à la première vague de contamination. Parmi eux, coup de bol, un biologiste et son ex-femme experte en virus (et singulièrement badass). Les rescapés observent avec fascination que les zombies, non contents de détaler à quatre pattes à vitesse grand V, de déchiqueter tels des fauves en furie tout ce qui passe à leur portée, apprennent rapidement à courir sur leurs deux jambes… à assimiler certaines connaissances, certains réflexes humains… Et ce cri qu’ils poussent aléatoirement et qui les met en transe, ne serait-ce pas un début de communication plus ou moins verbale ?

Après le formidable Dernier train pour Busan, qui nous avait laissés tétanisés sur nos sièges (et après la déception de Peninsula, son film suivant, pas programmé chez nous), Yeon Sang-ho nous revient avec une horde de zombies assez atypiques. Ici, pas de morts-vivants individualistes, dont le seul but est de manger de la chair humaine. Le réalisateur s’intéresse plutôt à la conscience collective, à un « esprit de ruche », métaphore d’une renaissance de la race humaine, qui ne serait pas gangrenée par les maux de notre société : individualisme forcené, égocentrisme, technologies débridées qui nous transforment en zombies numériques, le nez collé sur nos écrans… Yeon Sang-ho a d’ailleurs conçu des infectés 2.0 en s’inspirant de l’IA : plutôt que d’agir à l’instinct comme des prédateurs basiques, les créatures apprennent et évoluent en reproduisant des comportements humains sans vraiment les comprendre. L’effet de miroir est évidemment profondément dérangeant – et diablement efficace, car les rescapés doivent en permanence adapter leur stratégie de survie face à un danger qui déjoue leurs astuces tout aussi promptement.

« Tout au long de mes films, j’essaie d’exprimer la peur ou l’horreur de la société actuelle. Pour moi, la plus grande peur est l’échange de communication à grande vitesse. C’est comme un organisme vivant et, d’une certaine manière, cela réduit notre individualité. Par ailleurs, nous devons examiner les spécificités de l’Intelligence Artificielle, qui agrège la somme d’éléments « majoritaires », supposément universels. L’IA permet de créer à son tour des propositions « universelles », mais elle a des limites pour créer des mutations, qui sont la caractéristique des organismes vivants ». On le voit, Colony n’est pas seulement le petit film d’horreur sympathique, terriblement efficace, de votre samedi soir – mais bien une savoureuse satire politique et sociale, où la cruauté et la monstruosité ne sont évidemment jamais tout à fait là où on les attend.

D’autres films à l’affiche

USA – 1984
137mn
Japon – 1995
83mn
Canada – 2025
62mn
Iran, Autriche – 2025
78mn