Le berger et les ours
Réalisation : Max Keegan
Scénario : Max Keegan
Type de film : Documentaire
Pays : GB, France
Année : 2025
Durée : 101 mn
Sortie nationale : 15/07/2026
Un film consacré aux bergers des Pyrénées, petits, forts et fragiles, selon les heures qui passent, dans les gémissements profonds de la montagne, les secrets de la nuit, la rage lumineuse des éclairs, quand la nature se fait de bruit et de fureur. Il en faut du courage pour rester seul·e face à la solitude, sous un champ d’étoiles. Et quand les pas des prédateurs se rapprochent, la présence des chiens à leur côté semble parfois un bien mince rempart. Pourtant ils sont encore une poignée à choisir cette vie spartiate, sans confort, et à l’aimer intensément. Ici dans les hauts pâturages, quand sonne la saison de l’estive, revient celle de l’ivresse de la liberté, loin de la société et de ses pollutions. Yves est berger de père en fils, avec bonheur. Et peut-être sa plus grande peur est de laisser ses moutons, de ne plus pouvoir faire les transhumances et pourtant, il le sait, l’heure approche. C’est au moment de cette transition délicate que le cueille le film, alors qu’il apprend les ficelles de son métier à Lisa, une jeune fille passionnée qui pourrait bien prendre sa relève… Mais voilà, il y a l’ours… Celui qui vient se servir au cœur des troupeaux comme dans un garde-manger. Celui que les autorités, sous la pression des écologues, ont réintroduit dans les montagnes et qui est au centre de toutes les polémiques. Entre les pour, les contre, comment s’y retrouver ?
Un autre personnage principal de l’histoire est Cyril, dont le plus grand plaisir dans la vie, faisant fi de ses soucis de santé, est de partir arpenter seul les montagnes, de se mettre à l’affût des animaux pour les photographier. Son rêve, c’est de tirer le portrait d’un ours… Mais le royal plantigrade fait des manières, se planque, difficile à observer, malgré des astuces de sioux, des techniques de camouflage élaborées…
Le réalisateur (anglo-irlandais, tombé amoureux de l’Ariège), loin de trancher entre les différentes parties, écoute, respecte les paroles qui se sont offertes à lui grâce à deux années de présence sur le terrain, qui lui ont permis de gagner la confiance des autochtones. Et comme lui, on s’attache à chacun d’eux. On se sent solidaire d’Yves, on espère une relève, inquiets que les bergers disparaissent à jamais… tout comme les ours.
C’est à un bain de fraîcheur et de réflexions profondes que nous convie ce documentaire aux prises de vue somptueuses. Très beau témoignage sur le monde rural ariégeois et le pastoralisme qui se meurt, dans une forme d’indifférence idiote et à courte vue…



