lundi 21 septembre 2026 à 20:00

Tournefeuille

Ciné Peinture : projection + rencontre

Lundi 21 septembre à 20h00 à Tournefeuille, séance unique en hommage à l’artiste David Hockney, récemment disparu, suivie d’un échange avec Évelyne Toussaint, professeure émérite d’art contemporain à l’Université Jean-Jaurès.

Places en vente au cinéma et en ligne sur festik.net au tarif unique de 8€.

A Bigger Splash

Réalisation : Jack Hazan
Casting : David Hockney, Peter Schlesinger, Celia Birtwell, Henry Geldzahler, Mo McDermott, Kasmin, Mike Sida
Scénario : Jack Hazan, David Minga


Type de film : Documentaire
Pays : GB
Année : 1974
Durée : 106 mn
Version : VOST

C’était en 1974, bien avant la mode des biopics qui prolifèrent aujourd’hui. Portrait du peintre britannique David Hockney, figure clé de scène artistique des années 70 et 80, A bigger splash, de Jack Hazan, innovait doublement : c’est le peintre peroxydé qui joue son propre rôle, comme tous les autres protagonistes – une audace sans précédent. Et au lieu de raconter tout l’itinéraire de l’artiste, le film se concentre sur un épisode emblématique : une rupture bien réelle avec un jeune modèle-amant trop aimé, et la gestation douloureuse d’une toile, double portrait allégorique où figure le bel absent.

Passé en trente ans d’une interdiction aux moins de 18 ans à un visa tous publics, A bigger splash fit sensation en son temps pour ses nus masculins (qui dialoguent avec ceux, sur fond de piscines californiennes, des fameuses toiles de Hockney) et une scène d’amour gay. Aujourd’hui, c’est la composition du récit qui étonne, tout en ellipses feutrées, en sous-entendus mystérieux, en associations oniriques. La séparation du peintre et de sa muse produit une onde de choc à long terme dans la petite communauté, à la page ou à la ramasse (ou les deux), qui gravite autour de David Hockney : assistant vulnérable, galeriste fauché, copain styliste, amie designer. « Quand l’amour tourne mal, il n’y a pas que les amants qui souffrent », dit l’un d’entre eux. A bigger splash résonne à la fois des derniers soubresauts du swinging London et de liens défaits dont la contrepartie poétique se dépose sur les tableaux de Hockney.

Baigné dans une musique envoûtante et une lumière sophistiquée qui contribuent à donner au film une tonalité tragique, voire des accents de thriller, A bigger splash met sur le même plan les méthodes de travail du peintre, ses relations avec ses proches, ses états d’âme, et saisit ainsi, avec une rare acuité, la manière tortueuse dont peut s’engendrer la création.