10 mai à 11:15
Tournefeuille
Dimanche 10 mai à Tournefeuille, matinée japonaise avec des films pour les familles ou entre amis. À 11h Mon grand frère et moi à voir en famille, et à 11h15 un Ciné Quizz avant le film ChaO, vivement conseillé pour les collégiens et lycéens amateurs d’animés.
En partenariat avec l’association Toulouse Japon et la cantine japonaise Solaneko (rue Réclusane à St Cyprien) dont la cheffe Tomoko Moriminé vous propose de 10h30 à 11h15 une collation cheesecake et boissons. Réservation nécessaire sur festik.net ou au cinéma (film plus collation 10 €). Possibilité de voir seulement les films sans réservation au tarif unique de 5 € chacun.
ChaO
Yasuhiro Aoki
Année : 2025
Pays : Japon
Durée : 90 mn
Date de sortie nationale : 02/05/2026
VOST
Yasuhiro Aoki
Singapour est, comme vous le savez, une cité portuaire où cohabitent humains et sirènes. C’est au sein de cette ville pour le moins cosmopolite que Stéphan, un employé de bureau ordinaire, essaie de faire exister son rêve : construire un navire propulsé par l’air. Son prototype sans hélice permettrait de sauver un nombre important de vies aquatiques. Évidemment, son projet n’intéresse pas les pontes de l’industrie navale, qui préfèrent produire à moindre coût, ad nauseam, les mêmes modèles meurtriers.
Relégué au nettoyage du bateau de son riche patron, Stéphan va assister à l’irruption soudaine du roi des mers, dont la colère provoque une immense vague, qui laisse le jeune homme inconscient. À son réveil, il découvre qu’il est maintenant promis à Chao, la princesse du royaume des sirènes : sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive, il doit partager sa vie avec cette fille adorable certes, mais imprévisible ! L’amour sincère que Chao a pour lui le pousse à tout remettre en question. Commence alors une romance inattendue et touchante entre ces deux êtres que tout oppose.
ChaO se présente donc comme une variation très libre autour du célèbre conte d’Andersen La Petite sirène. Si les parallèles avec son modèle sont frappants, le film n’a pas peur de tordre le cou au récit initial pour en offrir une relecture moderne et vivifiante. Notre « nouvelle petite sirène » prend l’apparence d’une princesse pleine de force, à l’opposé de la fragile héroïne d’Andersen. Stéphan, quant à lui, n’est ni un prince charmant, ni un garçon particulièrement attirant. Au contraire, c’est un jeune gars banal, presque pathétique. La romance n’est pas absente, mais elle est racontée avec beaucoup d’humour et n’a rien d’un conte de fées : c’est d’abord par intérêt que Stéphan va accepter cette union, qui lui permettra de concrétiser enfin ses rêves d’ingénieur naval…
ChaO est le premier long-métrage de son réalisateur, mais Yasuhiro Aoki travaille son récit depuis son court-métrage Kung-fu love, réalisé en 2006 ! Cette longue maturation est perceptible dans la mise en scène foisonnante du film. L’aspect artisanal de sa production a nécessité près de 100 000 animations dessinées à la main, sur papier et au crayon. Conscient de l’aspect pharaonique d’un tel projet, le cinéaste a accordé une grande liberté aux animateurs. Visuellement, on pense à la folie d’une œuvre comme Mind game de Masaaki Yuasa (issu du même studio de production 4 °C). Les deux films ont en commun de s’éloigner drastiquement des canons visuels de l’animation japonaise : les styles se mélangent, les échelles se bousculent, créant un univers qui ne cesse de surprendre. Tout est en transformation permanente à l’image. À commencer, bien entendu, par le peuple ondin qui peut apparaître sous une forme humaine ou animale, mais plus généralement, c’est l’ensemble de l’image qui semble pouvoir muter à chaque instant.
Le film brille dans les scènes de foule, où l’œil se perd dans des myriades de visages de tailles et de formes différentes. Ses galeries grotesques défilent sur l’écran au rythme effréné de cette belle histoire qui nous tient en haleine et nous inonde de trouvailles, parfois hilarantes, parfois touchantes. Les ruelles, les marchés, les fêtes foraines : chaque décor est truffé de détails et fait de ChaO un plaisir de chaque instant.
L’intrigue – en apparence simple – du film est d’une grande efficacité et crée une émotion bien réelle, d’autant plus surprenante qu’elle vient nous cueillir entre deux tranches de folie pure. Les lieux communs que le film revisite sont un terrain minutieusement millimétré par l’auteur, permettant aux animateurs un lâcher-prise total. D’une élégance et d’une efficacité rares, le film allie rythme du récit et folie visuelle, de quoi justifier amplement son prix du jury au dernier Festival du film d’animation d’Annecy.


























