Fitzcarraldo

Réalisation : Werner Herzog
Casting : Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy
Scénario : Werner Herzog

Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : Allemagne, Pérou
Année : 1982
Durée : 157 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 16/06/1982

Vendredi 17 juillet
16:45
Samedi 18 juillet
13:00
Lundi 20 juillet
17:00
Mercredi 22 juillet
15:00
Samedi 25 juillet
12:45
Dimanche 02 août
20:00
Dernière séance
Du 17/07/2026 au 02/08/2026 à Borderouge – Prochaines séances
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« Je vivrai ou je mourrai avec ce projet » (Werner Herzog)

Jacques Rivette dit qu’un film est aussi un documentaire sur son propre tournage. La formule se révèle plus que jamais pertinente pour Fitzcarraldo, qui, en 1982, marqua l’apogée de la carrière de Werner Herzog. L’épopée de Brian Sweeney Fitzgerald, aventurier mélomane qui rêve de construire un opéra dans la forêt amazonienne au début du xxe siècle, n’aurait pas atteint cette puissance baroque sans les péripéties dantesques qui ont frappé sa production – recension non exhaustive : le plateau incendié par les Indiens aguarunas ; l’acteur Jason Robards, au bord de la folie, rapatrié aux États-Unis ; les Indiens engagés sur le tournage qui proposent à Herzog de tuer la gargouille humaine Klaus Kinski, parce qu’il les terrifie ; le bateau qui manque de se briser dans les rapides avec huit personnes (dont le réalisateur) à son bord, Huerequeque Bohórquez, qui interprète le cuisinier, atteint de la malaria ; le chef opérateur Thomas Mauch qui se sacrifie en essayant de rattraper une caméra (sa main est « fendue entre l’annulaire et le petit doigt, jusqu’au poignet ») ; un bûcheron contraint par une morsure de serpent de se couper le pied à la tronçonneuse… « J’ai une gratitude absolue pour les jours sans infortune », écrit Herzog, entre les pluies diluviennes quand on voudrait être sec et « la pire sécheresse de mémoire d’homme » quand on a besoin d’eau.

Après un prologue de quarante-cinq minutes, le film multiplie les morceaux de bravoure (la voix de Caruso qui fait taire les tambours de la jungle, les pirogues des Jivaros qui encerclent le bateau à vapeur…), mais Herzog semble n’avoir tourné Fitzcarraldo que pour une scène : celle, insensée et pourtant authentique, d’un bateau qui franchit une montagne. Le symbole éclatant du cinéma selon Herzog : un art plus grand que la vie, où la volonté du créateur parvient à dompter les éléments, où l’imaginaire prend le dessus sur la réalité et ses contraintes. (Samuel Douhaire et Michel Bezbakh, Télérama)

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