Sudden fear
Le Masque arraché
Réalisation : David Miller
Casting : Joan Crawford, Jack Palance, Gloria Grahame, Bruce Bennett
Scénario : Leonore Coffee, Robert Smith
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : USA
Année : 1952
Durée : 110 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 14/11/1952
Myra Hudson a tout pour elle : une fortune héritée de son père, une carrière de dramaturge reconnue, une vie sociale riche et intense, tout… sauf l’amour. Lequel va inopinément s’offrir à elle sous les traits de Lester Blaine, un acteur qu’elle a pourtant impitoyablement écarté de la distribution de sa dernière pièce… Lester Blaine, c’est Jack Palance, parfait dans le rôle de l’amoureux trop transi pour être honnête… Avec sa carrure et son visage taillé à la serpe, il séduit autant qu’il inquiète. Myra, elle, s’apprête à en faire l’unique héritier de sa fortune…
Mais la romance pourrait bien virer au drame avec l’irruption de la pétulante Irene Neves (Gloria Grahame), belle, drôle, également inquiétante… Les pupilles dilatées par la passion, Myra fait par hasard une découverte qui lui glace le sang et le blanc de l’œil : Lester Blaine serait-il un escroc ? Pire : un assassin en puissance ? Irene, qui n’est autre que l’ancienne maîtresse du bellâtre, serait-elle sa complice ? Mais notre héroïne est dramaturge : le suspens, les méandres d’une intrigue, ça la connaît. De là à dire qu’elle pourrait écrire elle-même la fin de l’histoire…
Le Masque arraché est l’occasion idéale pour (re)découvrir Joan Crawford, immense actrice qui n’avait pas son égale pour traduire d’un regard les émotions les plus intenses : ses grands yeux déchirent le silence et l’obscurité quand l’effroi, soudain (Sudden fear, titre original du film), la saisit… Elle excelle dans le rôle de cette femme éperdue d’amour – mais qui a oublié d’être dupe. Cette qualité lui suffira-t-elle pour sauver sa peau au teint d’albâtre, qui donne au regard de l’actrice toute sa puissance ? Film noir, thriller… Le Masque arraché nous cueille et nous tient en haleine, le noir et blanc magnifique accentue les incertitudes du temps… les dernières minutes, les dernières secondes… la peur au ventre… et dans les yeux de Joan.



