Le Tombeau des lucioles
Hotaru no Haka
Réalisation : Isao Takahata
Scénario : Isao Takahata
Type de film : Animation, Fiction
Pays : Japon
Année : 1989
Durée : 85 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 19/06/1996
Jeune Public : Oui
Âge minimum : 10 ans
L’occasion à ne pas rater de (re)découvrir le chef-d’œuvre d’Isao Takahata (l’alter ego, l’égal de Miyazaki) dans une splendide version restaurée.
C’est au Japon, été 1945, c’est une guerre, ça pourrait être n’importe quelle guerre, ça pourrait être ailleurs, tant ce qui est raconté ici est universellement partagé… Les bombes pleuvent sur Kobé. La ville brûle, douloureuse, anéantie, martyrisée. Seita a quatorze ans, sa petite sœur Setsuko dix de moins. Fuyant ce paysage d’apocalypse, ils trouvent refuge chez une vague tante qui n’apprécie qu’à moitié ces deux gentils inutiles infoutus de gagner leur riz quotidien. Alors Seita entraîne Setsuko dans un bunker abandonné au bord d’un étang, qu’il transforme en petit paradis illuminé par les lucioles qui pullulent le soir, bercé par le chant des grenouilles… Au début, sans contraintes, sans adultes grincheux, leur bonheur semble sans faille. Mais il faut se nourrir chaque jour, et Seita a de plus en plus de mal à faucher les trois pommes de terre nécessaires à leur survie aux paysans hargneux du coin…
C’est d’une beauté renversante… Les images sont à la fois extraordinairement réalistes et féeriques, terribles et touchantes, la musique envoûte, on en a plein les mirettes. On oublie complètement qu’il s’agit d’un « dessin animé » tant les personnages nous semblent crédibles et profonds, mais jamais un film en prises de vues réelles ne pourrait nous donner cet émerveillement constant. Quand on demandait à Isao Takahata pourquoi il ne faisait pas de films avec de vrais comédiens, il répondait que l’animation procure une liberté, une créativité que ne saurait donner le cinéma traditionnel… et quels enfants comédiens pourraient être aussi inoubliables que Setsuko et Seita ?
On écrase une larme en sortant, mais c’est peut-être le regret de voir le film se terminer déjà…



