Raison et sentiments

Sense and sensibility

Réalisation : Georgia Oakley
Casting : Daisy Edgar-Jones, Esmé Creed-Miles, Caitriona Balfe, George McKay, Frank Dillane, Herbert Nordrum, Fiona Shaw, Bodhi Rae Breathnach
Scénario : Diana Reid

D’après le roman de Jane Austen

Type de film : Fiction
Pays : GB, USA
Année : 2026
Durée : 131 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 23/09/2026

Let’s Talk
Samedi 26 septembre à 14:00 à Tournefeuille.

Samedi 26 septembre à Tournefeuille, la séance de 14h sera suivie d’un échange « Let’s talk in English » proposée par Laura Kelly (Dip. TEFL. Teacher of English as a second language), dans le but de partager sa passion pour la langue anglaise et le cinéma : Practice using your English! See the film, then we’ll talk. Discuss your opinion. We’ll look at some vocabulary. Laugh and enjoy the language, in a friendly ambiance over a drink. Objective: To feel at ease using English in a non judgemental context. Number limited to 15 per group.

Participation libre pour la discussion. Sans réservation.


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Considéré comme le premier grand roman anglais du XIXe siècle, Raison et sentiments est la première œuvre – écrite vers 1795 mais publiée seulement en 1811, de façon anonyme puisque signée « by a Lady » – de Jane Austen, offrant une exploration profonde des dynamiques sociales et des relations familiales dans l’Angleterre de l’époque. Le titre même – en anglais Sense and sensibility – oppose, en une sorte de maxime, les deux héroïnes du récit. D’un côté, il y a la sage Elinor, l’aînée bien sûr, celle qui est responsable, réfléchie et cache constamment ses émotions. De l’autre, l’exaltée Marianne recherche la passion, l’excès, à l’instar des personnages de ses auteurs favoris : William Shakespeare et Walter Scott entre autres.

Raison et sentiments conte l’histoire des deux sœurs, de leur mère et de la benjamine Margaret, forcées à vivre dans un modeste cottage parce que le demi-frère des héroïnes, sous l’influence de sa femme, manque à la promesse tenue au défunt père, selon laquelle il s’engageait à soutenir ces femmes dans le besoin.

Une fois de plus, Jane Austen prend ouvertement le parti des femmes, face à la triste condition qui leur est faite à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe. Avec force détails et son irrésistible ironie, l’écrivaine dévoile la vulgarité de personnages campagnards tels que Mrs Jennings, Sir John et Lucy Steele… Marianne se révolte précisément contre ces conventions sociales, les hypocrites et futiles formules de politesse ou de convenance. Et pendant qu’Elinor accepte docilement son destin en souffrant les confidences de Lucy Steele, fiancée à Edward Ferrars, l’homme qu’elle aime, Marianne affiche clairement sa passion pour le sulfureux Willoughby, qui revendique une solide réputation de débauché : les deux jeunes gens proclament leur amour, arpentant les pittoresques paysages du Devonshire, magnifiquement décrits. Marianne brise ainsi le cœur du séduisant colonel Brandon, qui n’est pas sans rappeler le Mr Darcy d’Orgueil et préjugés, autre chef-d’œuvre de Jane Austen adapté pour le cinéma (en 2005, film réalisé par Joe Wright).

Dès lors, comment ne pas préférer la vibrante Marianne à sa sœur trop convenable ? La sensibilité artistique de cette dernière se traduit pourtant par sa pratique de la musique. C’est une héroïne tragique qui frôle la mort, qu’on appréciera pour sa ténacité et son intégrité : les suffrages des cartésiens se tourneront peut-être plus du côté des piques d’Elinor, qui se confondent avec la voix de la narratrice…

En raison du potentiel narratif et pictural qui fait la richesse de l’univers austinien, Raison et sentiments a été transposé plusieurs fois à l’écran, les adaptations les plus mémorables étant celles de 1995 et de 2008 : la première réalisée pour le cinéma par Ang Lee, la seconde pour la télévision par Andrew Davies. La réussite de la version d’Ang Lee, très classique, tient surtout à l’interprétation vibrante de Kate Winslet en Marianne (Emma Thompson est moins convaincante en Elinor, mais elle a grandement contribué au film en signant l’adaptation et le scénario !). La nouvelle version qui nous est proposée aujourd’hui est particulièrement intéressante parce que signée par une jeune réalisatrice indépendante, Georgia Oakley, qui nous avait emballés en 2023 avec Blue Jean, premier film épatant et ultra-contemporain. Elle a choisi pour s’attaquer à ce monument de la littérature anglaise un groupe de comédiennes et comédiens formidables, qui ont le grand mérite d’avoir l’âge de leur rôle (c’est très rare dans les adaptations à l’écran de classiques de la littérature…) !

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